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Une dette éternelle | Samaël

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MessageSujet: Une dette éternelle | Samaël Sam 22 Aoû - 14:07
Contexte:
 

C'était une taverne, autrefois. Une charmante petite bâtisse, chaleureuse, accueillant avec joie les voyageurs fatigués. A la limite de l'auberge, on pouvait y loger quelques panthères pour une nuit ou deux. La famille propriétaire était appréciée de tous. C'était une famille d'Umbrae travailleurs et serviables, toujours prêts à aider ceux dans le besoin, le sourire aux babines - d'ailleurs, on ne comptait plus le nombre de repas gratuits qu'ils avaient servi...

La mère cuisinait. Le père s'occupait de l'entretien des lieux et du divertissement des convives. Leur unique fille, elle, n'était assignée à aucune tâche particulière. Mais elle aidait de tout son cœur, chérissant son travail et sa taverne. Tantôt serveuse, tantôt livreuse, autant femme de ménage qu'hôtesse et videuse, elle bossait dur, et rien ne la rendait plus heureuse. Son rire emplissait les lieux et poussait les autres à la rejoindre dans sa joie. C'est ainsi que la taverne des Umbrae, la plus réputée de tout le quartier populaire de la Cité du Nord, idéalement placée dans l'avenue principale qui mène au quartier marchant, emplissait la ville de sourires et de bonne humeur. C'était l'endroit incontournable où se réunir et passer un bon moment, ou pour célébrer quelque chose - mariage, naissance, anniversaire, tout y passait ! Il arrivait même qu'on y lève quelques chopes à la mémoire de tel parent décédé. Et, même dans ces moments-là, les sentiments présents n'étaient que positifs.

Oui, cette taverne avait toujours été un endroit heureux. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, elle tombait en ruines. Toute la façade avait été arrachée, révélant l'intérieur de la bâtisse. Une chance que le bâtiment n'ait pas été entièrement détruit... Mais il n'était plus sûr - on s'attendait à ce qu'il s'écroule tout seul d'un jour à l'autre. Cependant, loin de se laisser démonter, ses propriétaires avaient ri et avaient décrété que leur établissement possédait à présent une merveilleuse terrasse en plein air. Ils avaient donc installé leurs tapis, coussins et tables basses à l'extérieur, envahissant la moitié de la rue, afin que tous puissent venir s'y reposer.

Mais leur fille, elle, ne riait pas. Elle n'avait plus ri depuis le désastre qui les avait frappés. De la part d'une jeune femelle aussi joviale qu'elle, ce comportement était inquiétant, très inquiétant. Elle avait envie de pleurer. Pourtant, elle ne laissait aucune larme couler - il y avait du travail à faire, et elle ne pouvait pas se laisser abattre. Triste, elle portait son regard blanc et vide sur les clients attablés à l'extérieur. Des clients ? Non, des réfugiés. Elle connaissait assez ses parents pour comprendre que leur joie, leur "terrasse" et leur volonté de servir des repas gratuits n'était qu'une excuse pour cacher le camp de réfugiés qu'ils venaient de créer.

Beaucoup avaient perdu leur toit dans la catastrophe. Certains avaient même perdu des proches. Quelques-uns de ces malheureux avaient été quérir de l'aide et un refuge au palais - mais la plupart avaient choisi la taverne. Ceux-là étaient des fidèles, des vrais, qui ne croyaient plus au pouvoir de l'Empereur de les protéger. Ils avaient compris qu'ils devaient se serrer les coudes, entre eux, et compter leurs amis parmi les gens du peuple. Les nobles ne feraient rien. Les nobles ne faisaient jamais rien.

Antiva baissa la tête sur ces pensées amères. Malgré les efforts de ses parents pour redonner le sourire à leurs convives, le monde restait plongé dans un silence pesant. On mangeait sans mot dire, chacun étant plongé dans ses pensées. Antiva y compris. Le pire, c'était qu'elle ne pouvait même pas se changer les idées en travaillant - blessée durant le combat, elle devait bouger le moins possible. Son épaule la faisait toujours souffrir - elle avait nettement aggravé la blessure en continuant à se battre. Et tout ça pour rien...

Un profond soupir quitta sa gorge. Elle se leva pour aller échanger quelques mots avec un groupe d'enfants, perdu au milieu de ces sombres événements. Elle se força à sourire et, digne, tenta de leur redonner ne serait-ce qu'une étincelle d'espoir. Mais l'espoir, elle-même n'en avait plus.

Du moins, c'est ce qu'elle croyait. Car quand, après avoir parlé aux petits, elle repartit zigzaguer entre les réfugiés, elle vit un imposant lion blanc se diriger vers eux. Elle le reconnut immédiatement - parmi les gardes qui l'avaient protégée de la contre-attaque de Noxious, c'était lui qui s'était posté juste devant elle. C'était lui qui lui avait réellement sauvé la vie...

Que faisait-il là ? Le palais l'avait-il envoyé s'occuper des réfugiés, apportait-il de l'aide, ou simplement des nouvelles ? Avait-il juste décidé de s'enquérir de l'état de la cité pour faire un rapport à l'Empereur ? Au fond, Antiva se fichait pas mal de la raison de sa venue. Poussée par son instinct, elle alla à sa rencontre. Enfin, poussée par son instinct, ou plutôt... par une minuscule lueur d'espoir.

« Monsieur... ? »

Elle l'interpella doucement, toute trace de sa surexcitation habituelle disparue. Elle marcha jusqu'à lui, pleine de douceur et de reconnaissance.

« Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, mais vous m'avez protégée lors de... de l'attaque. Je vous en suis très reconnaissante. Je me nomme Antiva, et je suis la fille des propriétaires de cette taverne. Enfin... de ce qu'il en reste. »

Elle essaya d'esquisser un sourire - un sourire triste et amer. Son père, qui traînait justement par là, entendit ses paroles et vint se joindre au duo. Il avait écouté plusieurs fois le récit d'Antiva, qui avait vécu la bataille de très près, et était donc au courant de tout ce qu'il s'était passé.

« C'est vrai, vous êtes l'un de ceux qui avez sauvé ma fille ? Oh merci, merci mille fois ! Nous vous sommes éternellement redevables, mon épouse et moi-même. D'ailleurs, elle se trouve derrière les fourneaux - une chance que la cuisine soit intacte ! Venez donc manger quelque chose, nous vous devons au moins ça. »

Et ils lui en devaient bien plus encore. Mais c'était un bon début. Tout à fait d'accord avec son père, Antiva adressa un sourire encourageant au grand lion blanc. En voilà un qui avait de l'allure - pas comme cet incapable de Dandelion...

You saved my life. Thank you. Thank you so much...
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MessageSujet: Re: Une dette éternelle | Samaël Sam 22 Aoû - 17:59
So leave me in the cold, wait until the snow covers me up so I cannot move, so I'm just embedded in the frost.

Une mer de décombres.

C’est ce qu’on pouvait apercevoir dans le reflets de ses yeux émeraude. La vue sur la ville lui était insupportable, mais pourtant il ne cessait de la fixer. Comme s’il s’en voulait de n’avoir rien pu faire, de ne pas avoir été à la hauteur, de n’avoir pas tenu son rôle comme il le devait. Les pensées qui tournaient en boucle dans sa tête lui étaient également insoutenables. Et dès qu’il fermait les yeux pour ne pas apercevoir le spectacle désolant du royaume dévasté, ces pensées devenaient encore plus fortes, plus présentes, comme un cri à l’intérieur de son crâne.

Alors, Samaël tournait en rond. Son malaise était palpable. Allongé sur une des dernières marches d’un escalier interminable et aux bords verdoyants, menant plus ou moins derrière le palais - bref son escalier secret, pas si secret puisqu’emprunté par beaucoup de servantes, cuisiniers royaux, etc. -, le menton posé sur les pattes, le grand lion blanc ne savait plus ou se mettre. Son cerveau ne voulait pas s’arrêter, et il n’avait pas connu un si grand inconfort en son for intérieur depuis longtemps. Il avait besoin de se dégourdir les pattes. De s’aérer l’esprit. De se changer les idées. Bref, n’importe quoi. Mais Samaël n’en pouvait plus de se lamenter.

Après avoir parcouru tous les petits axes de la ville, toutes les ruelles inconnues et calmes par lesquelles il aimait bien passer pour patrouiller discrètement, rien n’avait changé. Il ne se sentait pas mieux, au contraire. Une idée un peu saugrenue lui traversa l’esprit. Peut-être était-ce dû à… la solitude ? Non, non, Samaël avait toujours été seul, aussi loin qu’il se souvienne. Ce n’était sûrement pas le manque de compagnie qui lui donnait une telle migraine. Cependant… même si c’était plus compliqué que ça, le Cornibus semblait bel et bien ressentir pour une des premières fois de sa vie de la réelle solitude. En fait… C’était comme si, parce qu’il avait manqué à son devoir de défendre la cité, il sentait que le royaume du Nord, en entier, lui avait tourné le dos. Il avait échoué. N’avait été d’aucun secours. Il n’était en fait qu’un pauvre petit garde de l’Empereur, lambda, inutile, et sa musculature n’était en fait qu’une façade lui servant à jouer les gros durs…

Non, non, non ! Il devait arrêter de se faire des idées. Personne ne lui avait encore rien reproché. Pourtant, il en était persuadé. Il se sentait, pour ainsi dire, minable. Et c’était un sentiment qu’il détestait. Et un sentiment de haine vint se mêler aux autres. Mais comment stopper le chaos qui s’installait dans son esprit, bon sang ?!

Durant ses réflexions, ses pattes l’avaient mené d’elles-même dans une partie plus populaire de la cité, et malheureusement fort touchée par la récente tragédie. Un coin de cette rue semblait plus animée que tout le reste. A vrai dire, cela faisait longtemps que Samaël n’avait pas vu un si grand rassemblement de félins. Non pas que celui-ci soit particulièrement impressionnant, mais plutôt que le Cornibus évitait le plus possible ce genre de foule… Pourtant, contre tout attente, il ne fit pas demi tour. Intrigué, il s’approcha même. Et se rendit bientôt compte qu’il s’agissait d’un restaurant.. Ou d’une taverne… Ou d’un refuge. Peu importe, ceux qui étaient ici étaient en tout cas venus chercher de l’aide et du réconfort. Et ironiquement, Samaël s’était retrouvé ici lui aussi, alors qu’il était plus vulnérable et à fleur de peau que jamais. Comme si les rôles étaient inversés.

Qui tenait donc ce lieu ? Le lion blanc était curieux de savoir qui pouvait bien être assez courageux et généreux pour pouvoir offrir un tel endroit, ouvert à tous, alors que clairement le bâtiment d’origine était tombé en ruines. Et n’avait pas fini visiblement, vu l’état de certaines poutres. N’était-ce pas dangereux d’ailleurs, d’accueillir tant de monde alors que la bâtiment allait clairement s’effondrer encore un peu plus ? Car la bâtisse avait l’air solide de base, assez solide pour être lourde et faire des dégâts jusqu’au milieu de la rue, ou était temporairement installée cette « terrasse » improvisée.

« Monsieur... ? »

Une voix douce et féminine sorti le Cornibus de ses pensées, alors que celui-ci était posté au milieu de la foule. Il s’y était aventuré sans trop s’en rendre compte, et se trouvait maintenant face à une jeune Pantherinae Umbra au pelage également très clair. 
Elle se présenta sous le nom d’Antiva, et comme la fille de propriétaires de ce qui était donc à l’origine une taverne.
Samaël ne put s’empêcher de ressentir immédiatement une sorte de respect pour elle et sa famille. Pour ce qu’ils faisaient pour les autres, comme si c’était tout à fait normal alors qu’eux même avaient été terriblement touchés par la catastrophe.
Le père de la jeune Umbra ne tarda pas à se joindre à eux, et Samaël ressenti exactement le même respect face à ce félin. Ces gens ne pouvaient qu’être dotés d’un très grand coeur.

« C'est vrai, vous êtes l'un de ceux qui avez sauvé ma fille ? Oh merci, merci mille fois ! Nous vous sommes éternellement redevables, mon épouse et moi-même. D'ailleurs, elle se trouve derrière les fourneaux - une chance que la cuisine soit intacte ! Venez donc manger quelque chose, nous vous devons au moins ça. »

Ces paroles ne firent que confirmer les impressions de Samaël. D’habitude si peu bavard, la conversation sembla pourtant lui venir naturellement, face à des gens si simples et si bons.

« Je me souviens en effet de vous, dit-il en s’adressant à la jeune Umbra. Je n’ai fait que mon devoir. Il est inutile de me remercier de quelque façon que ce soit. A ce que je vois vous avez quand même été blessée. Je n’ai donc pas été si utile que ça. »

Son ton était, contre toute volonté, aussi froid qu’habituellement. Décidément, jamais il n’arriverait à se montrer poli et courtois s’il continuait ainsi.
Samaël avait, en plus de ça très envie de réprimander la jeune pantherinae sur son comportement, complètement inconscient, lors de la bataille. Mais il serait mal vu de le faire alors qu’il était gracieusement invité à se restaurer. Plus tard, donc.
Samaël accepta l’invitation, non sans hésiter, et s’aventura à la suite des deux félins dans ce qui restait du bâtiment.

« Je ne tiens pas à vous déranger, se sentit-il obligé d’ajouter. Vous avez l’air très occupés. C’est d’ailleurs très gentil à vous de faire ça pour ceux qui en ont besoin. Je n’ai pas l’intention de rester trop longtemps. Je ne faisais que passer, pour m’assurer que tout le monde va bien. »

Que tout le monde allait bien… Mais quelle idiotie ! Beaucoup aujourd’hui se retrouvent sans toit, d’autres sont portés disparus, voir disparus à jamais… Et il venait s’assurer que tout allait bien ? Aussitôt cette phrase prononcée, Samaël s’en voulu.

« Je veux dire, vous avez l’air de plutôt bien gérer la situation… Même si un peu d’aide serait la bienvenue j’imagine… »

Il prononça cette dernière phrase d’un ton très neutre, mais d’une toute petite voix, très basse. Il savait que le Palais se ferait des ennemis parmi son propre peuple s’il ne faisait rien. Or, il était parfois un peu long à la détente, il fallait le reconnaitre… Mais Samaël ne voulait pas s’immiscer dans quelconque conflit. En tant que membre de la garde Royale, il ne se sentait pourtant en aucun cas supérieur au peuple. Il tenait un rôle de protecteur, point barre.
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MessageSujet: Re: Une dette éternelle | Samaël Dim 23 Aoû - 17:20
« Je me souviens en effet de vous. Je n’ai fait que mon devoir. Il est inutile de me remercier de quelque façon que ce soit. A ce que je vois vous avez quand même été blessée. Je n’ai donc pas été si utile que ça. »
Elle secoua doucement la tête pour lui signifier qu'il ne devait pas s'occuper de ça. Une petite blessure n'était rien, en comparaison de la vie qu'elle aurait pu perdre. Surtout qu'aucun garde n'aurait pu la protéger du mal qui l'avait atteinte et blessée - Dandelion, en l’occurrence.
Suivant son père, qui menait la marche, elle guida le garde vers l'un des rares emplacements vides. Bien sûr, il fallait s'aventurer sous la charpente qui menaçait de s'écrouler à tout instant, mais on n'était plus à un risque près...
« Je ne tiens pas à vous déranger. Vous avez l’air très occupés. C’est d’ailleurs très gentil à vous de faire ça pour ceux qui en ont besoin. Je n’ai pas l’intention de rester trop longtemps. Je ne faisais que passer, pour m’assurer que tout le monde va bien. »
Au moins était-il poli. Antiva ne put s'empêcher d'esquisser un sourire narquois en repensant à sa rencontre avec Nakreon. Si elle avait bien compris l'affaire, celui-ci devait être le supérieur du lion blanc, non ? Et après, on se demandait pourquoi l'Empereur n'était qu'un poltron. Fatalement, quand on choisit un attardé social comme Général de la Garde Royale... Bon sang, ce qu'elle en avait marre, de ces hauts gradés à la grosse tête ! Tout ça parce qu'ils avaient eu la chance de naître dans une bonne famille. Elle, fille de tenanciers, serait aussi tenancière, c'était ainsi. Eux, fils de braves vétérans, seraient soldats, et tant pis s'il s'agissait des pires trouillards de Mörendrüll.
« Je veux dire, vous avez l’air de plutôt bien gérer la situation… Même si un peu d’aide serait la bienvenue j’imagine… »
Et il savait rattraper ses petites bourdes, en plus ! Décidément, celui-là n'était pas comme les autres. Aurait-il du cœur pour les gueux réfugiés ici ? Se souciait-il de ces gens ? C'était étrange. D'habitude, les pantherinae dans les faveurs de Dandelion étaient comme lui et ne s'occupaient que d'eux-mêmes au détriment de ceux du bas de l'échelle, ceux-là même qui leur permettaient de vivre une vie si riche et prospère.
Les félins arrivèrent devant une table basse en piteux état - une vieille chose trouvée au fin fond de la réserve, mais qui pouvait toujours servir. Là, l'Umbra s'assit tandis que son paternel, soucieux, observait au-dehors un groupe de mâles arriver. Les habitués de la taverne, les amis de la famille, les "tontons" d'Antiva. Tous de puissants êtres, arrivant en renfort. Certains portaient des poutres encore utilisables dénichées dans les décombres proches, d'autres avaient des outils, et les derniers apportaient de la nourriture. C'est que le grenier commençait à s'épuiser, avec toutes ces bouches à nourrir gratuitement...
« Ne vous inquiétez pas, vous ne nous dérangez pas le moins du monde ! Nous vous devons bien ça. Et, justement, voilà l'aide qui arrive ! Je dois malheureusement vous laisser, mais je vous ferai apporter de quoi manger quand ce sera prêt. »
Il partit donc en s'excusant, lançant un regard significatif à sa fille. Un regard qui voulait dire : "Sois gentille, tiens compagnie au Monsieur. Et n'essaie pas de venir nous aider, tu dois te reposer, de toute façon." Ce à quoi l'intéressée répondit par un sourire forcé, qui disparut en un soupir dès que son père eut le dos tourné. Mais, polie, elle força un nouveau sourire en se tournant vers leur invité. Ça lui faisait tout bizarre. C'était bien la première fois de ces quinze dernières années qu'elle devait se forcer à sourire...
« Excusez-le, ils vont essayer de renforcer tout ça, fit-elle en désignant du menton son père, le groupe de mâles, puis la bâtisse. Je m'excuse aussi d'avance pour ce qu'on va vous servir. Vous auriez eu mieux, du temps où... enfin, avant, quoi. »
Mine de rien, la pauvre avait toujours un peu de mal à évoquer la catastrophe, ou la belle vie qu'elle avait eue avant. En plus de l'étrange culpabilité qu'elle ressentait en en parlant, elle savait que tout ça était terminé, que jamais plus ce ne serait comme avant. D'ailleurs, son esprit fragile agissait un peu comme si sa vie n'avait été qu'un rêve, et que la réalité commençait maintenant.
« Si vous ne voulez pas que nous vous remerciions pour m'avoir sauvé la vie, alors ne mentionnez pas ce que nous sommes en train de faire pour tous ces gens. Comme vous dites, nous ne faisons que notre devoir. »
Elle laissa échapper un léger rire - sincère, cette fois. Ça avait toujours été le travail des taverniers et des aubergistes d'offrir nourriture et repos aux pauvres hères fatigués. Aujourd'hui, ça n'avait pas changé.
Souriant doucement, elle observa le Cornibus d'un regard las mais doux. Durant ces derniers jours, elle avait commencé à mépriser des tas de gens, gardes y compris. Mais lui était définitivement différent. Il ne serait pas venu, sinon. Faisant fi de son apparence de gros bourru insensible, elle se permit de le questionner :
« Ce n'est pas l'Empereur qui vous a demandé de venir voir comment se portaient les citoyens, n'est-ce pas ? Alors... pourquoi êtes-vous venu ? »
Honnêtement, elle ne comprenait pas. Mais elle ne demandait que ça : comprendre pourquoi un membre de la société haut placé s'intéresserait au sort des basses classes.

You should be at the Emperor's side. Not ours...
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